Qu’est-ce que le Flip, cette nouvelle stratégie de tanking qui agace en NBA ?
Le 10 févr. 2026 à 16:07 par Hisham Grégoire

L’idée est de ne plus choisir entre tenter de gagner tout de suite et accepter de perdre pour drafter haut. La saison en cours est alors traitée comme une année de transition : la position de loterie est optimisée, tandis que l’effectif est déjà renforcé pour permettre un basculement rapide dès l’automne suivant. Et si cette logique s’installe, c’est aussi parce que de nombreux GMs estiment qu’un top pick peut changer une trajectoire, alors payer quelques mois de résultats médiocres devient plus facile à justifier. Voici la stratégie du « Flip », développée par Brian Windhorst d’ESPN.
Mikel Brown Jr. vs NC State..
45 PTS (14-23 FG, 10-16 3PT, 7-7 FTs)
9 REBS
3 STLS
2 AST
OHH MYYY GOODDDNNESSS.. now this right here is what a #1 Pick looks like.. GOT DAMN… pic.twitter.com/E64mVeR6sW
— Frankie Vision (@Frankie_Vision) February 10, 2026
Le Flip fonctionne parce que les incitations sont très claires. D’abord, la peur du ventre mou : être trop fort pour drafter haut, mais trop faible pour exister, c’est souvent l’endroit où les projets s’enlisent (coucou les Bulls). Ensuite, les picks protégés : lorsqu’un choix peut être transféré au-delà d’un certain rang, la motivation à rester dans la bonne zone augmente mécaniquement. Enfin, la pression interne : un propriétaire accepte plus facilement un chantier si une échéance nette est annoncée. Le Flip offre précisément ce calendrier à vendre : souffrir maintenant, frapper fort ensuite. Sur le terrain, cela se lit dans une accumulation de signaux qui, pris isolément, peuvent se défendre, mais qui, mis bout à bout, racontent une stratégie : prudence maximale sur la santé, minutes surveillées, fins de matchs gérées, et priorité implicite donnée à la loterie plutôt qu’aux victoires tardives.
Jazz fourth quarter minutes (again):
Lauri Markkanen – 0:00
Jaren Jackson Jr. – 0:00
Jusuf Nurkic – 0:00
Brice Sensabaugh didn’t get the memo.
Utah wins 115-111.pic.twitter.com/cLClOfQAxS
— Underdog NBA (@UnderdogNBA) February 10, 2026
Les exemples les plus parlants cités autour de cette deadline tiennent à ce mélange entre gros noms et présent sacrifié. Les Washington Wizards ont récupéré Trae Young et Anthony Davis, des ajouts qui suggèrent une relance, mais dont l’impact immédiat reste conditionné par la gestion physique et l’absence de visibilité sur un retour à 100 %. Dans le même temps, la question du pick et de sa protection donne un cadre très concret à l’intérêt de perdre de manière maline cette saison. Même logique à Utah, avec l’arrivée de Jaren Jackson Jr. et une gestion prudente des fins de rencontres, pendant que Lauri Markkanen est lui aussi utilisé avec précaution dans des scénarios serrés : l’équipe affiche un noyau plus solide, tout en gardant une main sur le nombre de victoires. Les Brooklyn Nets incarnent également une version, diront nous « planifiée », avec une construction tournée vers l’été, de la flexibilité et l’idée qu’un joueur comme Michael Porter Jr. peut servir de monnaie d’échange. Les Indiana Pacers, eux, se projettent plus directement sur un rebond au retour de Tyrese Haliburton, en ajoutant Ivica Zubac, tout en gardant la possibilité de s’offrir un top pick à la prochained raft.
Carlisle: Ivica Zubac (ankle) out through All-Star break; not expected to play for a while.
— Underdog NBA (@UnderdogNBA) February 10, 2026
Mais alors Pourquoi cela agace autant ?
Et bien parce que le Flip donne l’impression d’un tanking emballé dans un joli paquet cadeau. Ajouter des stars envoie un message à la concurrence, mais si la réalité du terrain devient une suite de précautions opportunes, le doute s’installe sur l’intention compétitive. Et ce doute a des conséquences : les courses au play-in et aux playoffs peuvent être influencées si certains affrontent des versions diminuées d’équipes « en Flip » alors que d’autres non, ce qui crée une forme d’inégalité de calendrier. Il y a aussi l’aspect produit : le public paie pour un match NBA, pas pour un plan de loterie, et la frustration monte quand l’ambition affichée ne se traduit pas sur le parquet.
Enfin, le signal envoyé à la ligue est délicat : si la cuvée 2026 est vraiment aussi convoitée, l’incitation à généraliser ce comportement augmente, donc le problème risque de s’étendre plutôt que de disparaître. Au fond, le Flip est rationnel dans un système qui récompense encore fortement le bas du classement, mais il devient corrosif dès qu’il installe une compétition à deux vitesses et une ambiguïté permanente entre gestion légitime et non-compétitivité organisée.
Source : ESPN
