Un gros parcours des Lakers en Playoffs ? Pourquoi on y croit (et pourquoi on n’y croit pas)
Le 24 mars 2026 à 16:10 par Nicolas Meichel

Malgré leur défaite à Detroit hier, les Lakers sont solidement installés en troisième position de l’Ouest après une magnifique série de neuf victoires de suite. De quoi s’interroger sur leurs chances réelles en Playoffs : peuvent-ils passer au moins un tour contrairement à l’an dernier ? Peuvent-ils faire un vrai run ? Voire même concurrencer le Thunder et les Spurs ? Analyse.
Les Lakers depuis cet Apéro : 8 victoires, 1 défaite https://t.co/u7hMdY6nvp
— TrashTalk (@TrashTalk_fr) March 19, 2026
Pourquoi on peut croire aux Lakers
Quand vous restez sur douze victoires en quatorze matchs dont neuf consécutives, qui plus est à l’Ouest contre des équipes compétitives (Houston, Denver, Minnesota…), c’est qu’il y a forcément des bases solides qui ont été mises en place. À moins d’un mois des Playoffs, les Lakers montent en puissance au bon moment, pendant que des concurrents directs (Rockets, Nuggets, Wolves justement) montrent une certaine irrégularité.
« Nous sommes une bonne équipe de basket. Je pense que nous sommes une bonne équipe de basket. J’ai pensé tout au long de la saison que nous pouvions être une bonne équipe de basket. Nous avons montré des flashs, sur certains moments, mais nous sommes une bonne équipe de basket. Notre série de victoires coïncidence aussi avec le fait que nous soyons en bonne santé. »
Malgré les absences de Rui Hachimura et Marcus Smart dans la défaite contre Detroit hier, les Lakers ont été quasiment au complet ces dernières semaines, les aidant à trouver un très bon équilibre.
En parlant d’équilibre, aucun n’est plus important que celui entre Luka Doncic, Austin Reaves et LeBron James, les deux derniers manquant plusieurs matchs (respectivement 26 et 21) pour blessure au cours de la campagne 2025-26. Pendant une bonne partie de la saison, les Lakers ont montré de vraies limites quand les trois joueurs évoluaient en même temps sur le parquet. On pouvait même se demander si l’équipe californienne était meilleure sans LeBron, le duo Doncic – Reaves fonctionnant bien ensemble. Mais cette question fait aujourd’hui partie du passé.
- Lineups avec le trio Doncic – Reaves – LeBron avant le 27 février : net rating de -4,9 points / 100 possessions (238 minutes)
- Lineups avec le trio Doncic – Reaves – LeBron après le 27 février : net rating de +18,3 points / 100 possessions (216 minutes)
Depuis qu’il a quitté l’infirmerie mi-mars après une blessure au coude, James assume pleinement son rôle de troisième option / couteau suisse, aux côtés d’un Luka Doncic sur une autre planète (37 points, 8 rebonds, 7 passes de moyenne en mars) et d’un Reaves en second ball-handler. Cela a métamorphosé les Lakers. La hiérarchie n’a jamais été aussi claire et les bénéfices sont multiples. En particulier pour LeBron, qui – a 41 ans et dans sa 23e saison NBA – peut s’économiser et ainsi arriver plus frais en Playoffs. Il a aujourd’hui le luxe de pouvoir choisir ses spots, évoluer beaucoup plus sans ballon, dans un costume de connecteur qui lui convient bien. C’est clairement la voie à suivre pour continuer de repousser les limites de sa folle longévité, tout en tenant le rythme des Playoffs sur la durée.
Quand vous avez des joueurs du talent et de l’intelligence de Luka Doncic et LeBron James dans votre équipe, vous avez une chance dans n’importe quelle série de Playoffs. C’est encore plus vrai quand Doncic est peut-être dans la forme de sa vie (contrairement à l’an dernier), et que LeBron ne doit pas trop tirer sur la corde.
LeBron’s isos and P&Rs are way down. He’s holding the ball around half as long as he did at his peak. He’s down to 1.29 dribbles per touch. And he’s shooting 60% since he came back.
I wrote about his latest reinvention: LeBron James… role player?https://t.co/J7UTATQNR5
— Sam Quinn (@SamQuinnCBS) March 23, 2026
Les progrès défensifs des Lakers ces dernières semaines (dont Luka Doncic) expliquent aussi leur montée en puissance, et crédibilisent l’équipe californienne en vue des Playoffs. 23e à l’efficacité défensive au moment du All-Star Break, les Lakers sont montés à la 20e place depuis, ce qui signifie qu’ils ont évolué à un niveau au-dessus de la moyenne NBA entre-temps. Durant la première quinzaine de mars, les Lakers étaient même dans le Top 10 des meilleures défenses.
Ce qui a changé ? J.J. Redick a souligné les points suivants : plus attentifs aux détails, plus d’implication et d’intensité sur toute la durée d’un match, plus d’efficacité sur les porteurs de balle, des efforts en transition et plus fidèles au plan de jeu défensif, notamment sur l’application d’une défense de zone censée couvrir les limites défensives du groupe. Rien de transcendant, rien de révolutionnaire, mais tout ça augmente automatiquement le plafond des Lakers.
Ce qui augmente aussi le plafond, c’est la contribution de Deandre Ayton. Les chiffres ne font certes pas rêver – 10,5 points et 7,6 rebonds de moyenne en mars – mais l’ancien pivot des Suns a pris conscience du rôle qu’il devait occuper pour permettre aux Lakers d’avancer.
« Le scoring, j’ai décidé de rayer ça. On n’a pas besoin de ça. Je me suis regardé dans le miroir et je me suis dit ‘mec, tu n’es pas ce gars-là’. Je n’ai pas besoin de faire ça pour cette équipe. Dans cette équipe, je dois être le mec qui fait des efforts, qui termine les possessions en prenant des rebonds, qui court à fond. […] Et je prends plaisir à le faire honnêtement. »
Je suis engagé à 110% ! » – Deandre Ayton
Un Ayton avec cette mentalité-là, aux côtés de Luka, LeBron et Reaves, ça peut faire des dégâts !
Deandre Ayton embraces a new role with the Lakers, highlighting defense and energy. More: https://t.co/18FMBqwH9k pic.twitter.com/VNZ9p2U9U9
— Complex Sports (@ComplexSports) March 18, 2026
Parmi les autres signaux positifs en vue des Playoffs : les Lakers sont l’équipe la plus clutch de NBA, avec 22 victoires en 29 matchs qui se jouent dans le money-time. Quand il faut remporter des matchs serrés, et il y en aura en avril – mai, Luka et ses copains sont meilleurs que tout le monde. De quoi aborder la postseason avec un minimum de sérénité.
Pourquoi on peut toujours avoir des doutes
Malgré toutes les belles choses montrées par les Lakers ces dernières semaines, impossible de ne pas se rappeler du scénario de l’an passé : Los Angeles avait fini troisième de l’Ouest et possédait de belles ambitions… avant de sortir brutalement au premier tour des Playoffs (défaite 4-1 face aux Wolves).
Si on fait ce rapprochement, c’est parce que les Lakers pourraient se retrouver devant les mêmes problèmes qu’il y a un an. Parmi eux, la profondeur de l’effectif.
Derrière la triplette Doncic – Reaves – James, on peut en effet avoir de doutes sur le supporting cast dans les moments importants. Car si on aime bien la contribution de Rui Hachimura, et que Jake LaRavia peut se montrer précieux, on retrouve pas mal de profils qui présentent de vraies faiblesses : Luke Kennard est un sniper mais une cible en défense, Jarred Vanderbilt est un super energizer mais ne sait pas shooter, Marcus Smart – important à travers son rôle défensif – est par contre loin d’être un modèle de régularité en attaque. Cela va demander des ajustements constants au coach J.J. Redick pour trouver les bonnes combinaisons, ajustements qu’il n’avait pas su faire en Playoffs l’an dernier. Redick devra ainsi prouver qu’il a appris de ses erreurs passées.
Autre inquiétude : le secteur intérieur. Oui, les Lakers ont aujourd’hui Deandre Ayton avec Jaxson Hayes en doublure. Oui, Ayton semble enfin avoir compris qu’il devait assumer un rôle à la Clint Capela en faisant les tâches ingrates, et sa relation avec Doncic a bien progressé. Mais peut-on vraiment faire confiance à Dede en Playoffs ? Permettez-nous d’en douter. Que ce soit chez Ayton ou chez Hayes, les fils peuvent vite se toucher, jusqu’à dérailler complètement. Et dans une Conférence Ouest où chaque équipe du Top 6 possède un gros secteur intérieur (Jokic à Denver, Gobert – Randle – Reid à Minnesota, Holmgren – Hartenstein à OKC, Wembanyama à San Antonio, Sengun à Houston), les Lakers risquent de souffrir.
Draymond Green on the Lakers chances to be real contenders:
“You ask yourself how dangerous can they be during the playoffs, apart of me wants to say not very dangerous at all but the other side of me knows better. You got Luka Doncic and LeBron James on the court at the same… pic.twitter.com/kYEsPPMj43
— NBA Courtside (@NBA__Courtside) March 20, 2026
Enfin, peut-on faire confiance à la défense des Lakers suite à ses récents progrès ? Là encore, on peut s’interroger. Luka Doncic sera visé, Austin Reaves aussi, et sur la durée d’une série – face à un même adversaire – ça peut finir par coûter cher. Draymond Green, plutôt bien placé pour parler défense en Playoffs, possède les mêmes doutes.
« Les équipes qui vont leur mettre la pression et leur donner du fil à retordre en Playoffs, ce sont celles qui les obligent à défendre. Ils ne sont pas une bonne équipe en défense ; ils font des trucs un peu fantaisistes, comme une zone qui se transforme en défense individuelle par exemple.
Dans une série de Playoffs, si vous faites ça pendant un match, voire deux, les adversaires trouvent rapidement quelques combinaisons pour démanteler ces conneries. Et là, vous devez revenir à une défense classique.
Et ça nous ramène aux problèmes initiaux que les Lakers ont connus depuis le début de la saison. Je ne sais tout simplement pas s’ils sont assez bons en défense pour aller jusqu’au bout. »
Le Thunder et les Spurs intouchables ?
Sauf énorme surprise, la suprématie de l’Ouest passera par Oklahoma City et/ou San Antonio.
Le Thunder (57 victoires – 15 défaites, 1er du classement) et les Spurs (54-18, 2e) sont largement en tête et offrent des garanties que les autres équipes – Lakers inclus – n’ont pas : solidité collective ++ des deux côtés du terrain (OKC et SA sont les deux seules équipes de l’Ouest dans le Top 7 en attaque et en défense), grosse profondeur d’effectif, régularité tout au long de la saison… clairement, on a deux rouleaux compresseurs qui seront difficiles à aller chercher.
It’s pretty wild that the San Antonio Spurs are about to have gone 16-2 in their 18 games since the All-Star Break with another impressive win in Miami tonight, and have gained exactly zero games in the standings.
The Thunder are about to be 15-1 themselves since the break.
— Tim Bontemps (@TimBontemps) March 24, 2026
Le seul véritable avantage que possèdent les Lakers se situe au niveau de l’expérience, tout particulièrement dans une potentielle demi-finale de conférence face aux Spurs, qui découvriront l’atmosphère des Playoffs cette année. Mais c’est un peu faiblard comme argument pour présager – à l’instant T – une place dans le dernier carré des Playoffs NBA.
Bilan des Lakers cette saison vs :
- Spurs : 3 défaites en 4 matchs
- Thunder : 2 défaites en 2 matchs
- Total : 5 défaites en 6 matchs
Comme chaque année en Playoffs, les match-ups détermineront en partie le déroulement de la postseason. Dans une série contre Houston ou Phoenix au premier tour, on met une pièce sur les Lakers. Dans un remake contre les Wolves ? On a un peu moins confiance après la défaite de l’an passé, même si Los Angeles domine Minnesota cette année (trois victoires en trois matchs) et que les Wolves sont toujours plus irréguliers. Enfin, si la bande de Luka Doncic doit affronter des Nuggets au complet et à 100%, là ça pourrait vite rejoindre Cancun.
Les scénarios sont multiples mais une chose est certaine : les Lakers ont de bonnes raisons d’être ambitieux. Vivement le mois d’avril !
