Et si Victor Wembanyama était le premier DPOY unanime de l’histoire…?

Le 25 mars 2026 à 11:29 par Hisham Grégoire

Victor Wembanyama San Antonio Spurs 24 mars 2024
Source image : NBA League Pass

Victor Wembanyama va très probablement être Défenseur de l’année, à condition de ne pas trop manquer de rencontres d’ici le 12 avril. La vraie question, maintenant, c’est une autre marche : peut-il devenir le premier DPOY unanime de l’histoire de la NBA ? Entre son impact individuel colossal et les résultats des Spurs, le Français a de quoi transformer une saison immense en un accomplissement historique.

Il faut d’abord remettre un peu de contexte historique là-dedans.

Le trophée du Defensive Player of the Year existe depuis 1982-83, et aucun vainqueur n’apparaît comme un DPOY élu à l’unanimité.

Cependant, les comparaisons demandent un peu de prudence car les scrutins n’ont pas toujours été publiés de la même manière. En 2001-02 par exemple, Ben Wallace avait reçu 116 votes sur 120 dans ce qu’ESPN présentait alors comme le vote le plus déséquilibré de l’histoire du trophée.

Ben Wallace appreciation post

6x All-Defense
5x All-NBA
4x DPOY
4x All-Star
2x rebounding leader
Block Champion
NBA Champion

From undrafted to Hall Of Fame 🔒
pic.twitter.com/4TIQRLNLgP

— Nick Brandel (@MotorCityBanter) February 27, 2026

Plus tard, avec le système moderne des votes détaillant les 1ères, 2èmes et 3èmes places, Dwight Howard a récolté 114 votes sur 120 en 2010-11, puis Joakim Noah en a récolté 100 sur 125 en 2013-14. Traduisons-le : des DPOY ultra-dominants ça a déjà existé, mais un DPOY sans la moindre voix dissidente non. Et c’est justement ce plafond que Wemby peut aller chercher.

Si cette idée existe, ce n’est pas parce qu’on parle d’un très bon défenseur qui coche les cases classiques des votants.

C’est tout simplement parce que Victor Wembanyama a créé une catégorie à part, à lui seul.

Il mène la NBA avec 3 contres par match, et lui-même estime être « le joueur le plus impactant défensivement de la ligue ».

Wemby Defense Tape 3/16 vs LAC
~ 11 Points Allowed
~ Held Opponents to 5/14 FG (as primary def)
– 5 Block
– 34 Minutes

Thoughts on his defense?

*Not every clip included goes towards the Opp FG%, but I included all relevant clips of his defense from the game* pic.twitter.com/ZxwPFLy7M6

— Hoopology (@hoopologyxx) March 19, 2026

Pour une fois, ce n’est pas de la gonflette de superstar, c’est une assez bonne description de la réalité. Des joueurs extérieurs refusent un lay-up, des intérieurs ressortent le ballon, des attaques changent de carte au dernier moment juste parce que Victor traîne dans le secteur. Il n’est pas uniquement un protecteur de cercle, il est un panneau « demi-tour » à lui tout seul.

Depuis son arrivée en NBA, le seul vrai frein à son dossier, c’était San Antonio en tant que franchise globale. Le sujet n’était pas Wemby, ni son talent, ni la sensation visuelle en le regardant jouer. C’était surtout une question d’environnement collectif, les Spurs n’étaient pas une solide équipe défensive. Or, ce frein a sauté cette saison. Les Spurs sont à 54-18 après leur carton à Miami, ils ont validé leur retour en Playoffs, et affichent désormais la troisième meilleure défense de NBA avec un Defensive Rating de 110,4.

How quickly Victor Wembanyama can close what seemed to be an open window is a testament to how dominant he is defensively

With his height and wing-span, the amount of range he can cover on the court is unparalleled pic.twitter.com/sCAsKfe3l0

— Point Made Basketball (@pointmadebball) March 24, 2026

C’est à partir de là que le dossier change vraiment de dimension.

À partir du moment où l’argument collectif se met à sourire à Wemby au lieu de lui tirer dans les jambes, sa candidature devient presque trop parfaite.

Mais alors qui peut empêcher ce carton plein historique ?

Chet Holmgren, en premier. Déjà parce que c’est le seul rival qui coche une case que Wemby n’a pas, Oklahoma City possède la meilleure défense NBA avec un Defensive Rating de 106. Individuellement, Holmgren a aussi un dossier très propre, avec 17,2 points, 9 rebonds et 1,9 contre de moyenne. Si un votant veut absolument récompenser la meilleure défense collective de la ligue plutôt que l’ovni défensif le plus évident de la saison, il peut tenter ce chemin-là. Mais même dans ce scénario, il faut encore expliquer pourquoi le joueur le plus terrifiant du circuit, celui qui change le plus radicalement le comportement adverse, ne mérite pas la première ligne du bulletin.

Victor Wembanyama, with his otherworldly size, is the ultimate safety blanket on defense

He literally shrinks the court, as his wing span & height allows him to cover an enormous swath of space pic.twitter.com/MGuBaVleFH

— Point Made Basketball (@pointmadebball) February 22, 2026

Scottie Barnes peut aussi apparaître dans la conversation, mais davantage comme un candidat capable de gratter quelques voix que comme une menace frontale. Toronto est la septième défense de la ligue avec un Defensive Rating de 112,4 et Barnes aligne une saison ultra-complète à 18,6 points, 7,8 rebonds et 5,4 passes, avec 1,4 interception et 1,5 contre de moyenne. C’est un superbe défenseur polyvalent, un joueur capable de boucher plusieurs trous à la fois, et il a de vraies chances de finir haut dans les votes. Le problème pour lui, c’est que le DPOY n’est pas un concours du défenseur le plus complet dans l’absolu. C’est souvent le trophée du type qui marque les esprits toute l’année.

Et dans ce registre-là, Barnes joue très bien au basket pendant que Wemby réforme la géographie du terrain.

À ce stade, la question n’est même plus vraiment de savoir si Victor Wembanyama va gagner le DPOY. S’il coche la case des 65 matchs joués, c’est tout droit.

Le vrai débat, c’est plutôt de savoir combien de votants vont oser lui retirer une première place.

Incredible Wembanyama sequence: blocks 2 consecutive shots (why do they keep shooting near him??), and then brings the ball up and nails the long 3 off the dribble. We’ve never seen a player able to string these things together like this. pic.twitter.com/16Jj1rgBlC

— BBALLBREAKDOWN (@bballbreakdown) October 26, 2025

Historiquement, Ben Wallace et Dwight Howard restent les gros repères à battre. Symboliquement, ce serait énorme : devenir non seulement DPOY, mais le premier joueur élu à l’unanimité depuis la création du trophée. Aujourd’hui, la seule vraie logique pour ne pas voter Wemby en premier ressemblerait presque à une envie de faire différemment pour être différent des autres. Or un vote historique, ça ne se construit pas sur le besoin d’être original. Ça se construit sur l’évidence. Demandez à Stephen Curry pour le MVP en 2016.

Pour conclure : sur la saison NBA 2025-26, défensivement, l’évidence porte des bras sans fin, un nom français et un maillot des Spurs.

Sources : NBA.Com, Statmuse, Basketball Reference


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