Les Nuggets, ou le syndrome de l’asphyxie totale
Le 26 avr. 2026 à 08:20 par Nicolas Vrignaud

Depuis le début de la série face aux Wolves, les Nuggets peinent à imposer leur style. Pris à la gorge dans tous les secteurs du jeu et incapables d’apporter la moindre réponse tactique, les hommes de Denver foncent vers l’élimination. La réaction n’est désormais plus une option.
Nikola Jokic est sans doute celui qui incarne le plus fortement l’agonie des Nuggets depuis trois matchs. Hormis un premier match remporté avec maîtrise grâce à un gros run en fin de match, Denver n’a rien montré. Plutôt : Denver n’a rien pu montrer.
Game 2, Game 3, Game 4 : on prend à chaque fois les mêmes ingrédients, et on recommence. Nikola Jokic étouffé par Rudy Gobert dans le duel sous le cercle, et sans doute trop consommé physiquement par l’enchaînement de confrontations musclées pour trouver les ressources nécessaires afin de rentrer ses tirs extérieurs avec efficacité. Jamal Murray est gardé par Jaden McDaniels, il n’existe que trop peu dans la création, dans l’adresse. Là où on l’attend. D’ailleurs, Jokic et Murray ont combiné pour 18/47 au tir cette nuit. Trop court.
Cam Johnson et Christian Braun ne sont tout simplement pas à la hauteur de l’enjeu. La phrase est peut-être dure : ils n’ont pas le niveau cette année. Et bien sûr, la blessure d’Aaron Gordon n’aide pas du tout.
Pour les Nuggets, le pire scénario possible est devenu réalité.
Une réalité due à un nouveau match très compliqué offensivement, avec notamment un duo Christian Braun – Cam Johnson clairement pas au niveau.
Nikola Jokic toujours verrouillé par Rudy Gobert et extrêmement… pic.twitter.com/QSvTipioRe
— TrashTalk (@TrashTalk_fr) April 26, 2026
Les Wolves réussissent l’exploit parfait dans cette série : épuiser les Nuggets lorsqu’ils attaquent. Oui, ça demande une énergie absolument folle, mais ça marche, et ça guide les cerveaux vers une débauche encore plus importante en termes d’intensité. Les Nuggets se fatiguent donc à se défaire des marquages, à se créer des tirs, à simplement jouer.
Et lorsqu’il faut défendre, ils sont mis face à leur manque d’énergie : Minny propulse la balle vite en avant, ne serait-ce que pour forcer le repli défensif rapide. Cela s’est surtout vu lors de cette deuxième mi-temps du Game 4, où les Pépites ont parfois beaucoup peiné à suivre le tempo très rapide des Wolves en transition.
Le plus grand danger maintenant pour les Nuggets est psychologique. Ça s’est vu sur la fin de rencontre avec un Nikola Jokic qui laisse sans doute éclater sa frustration en allant tenter de bastonner McDaniels après la fin du match. Le même Joker qui a répondu sèchement aux journalistes en conférence de presse d’après-match, se contentant pour la plupart des questions de simples « Oui » ou « Non« .
La grosse altercation entre Nikola Jokic et Jaden McDaniels juste après le buzzer final.
Le joueur des Wolves a marqué sur la dernière possession, le Joker n’a pas aimé DU TOUT.
Les deux ont été ejectés, attention à de potentielles sanctions… pic.twitter.com/RBDnsbcbcN
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David Adelman a lui confié « ne pas être inquiet » concernant l’esprit de compétition de son groupe. Grand bien lui fasse, et on doit le rejoindre là-dessus, il gère des gars comptant dans le gratin du gratin des plus grands champions de la planète. Non, ce qui nous inquiète nous, c’est que s’il est coach et qu’il n’est pas sur le terrain, on ne voit quand même pas trop ses tentatives de soulager tactiquement ses joueurs face à l’intensité incessante imprimée par les Wolves. En fait, on ne voit rien du tout.
Donner des minutes à d’autres gars, genre Julian Strawther, parce que t’as deux titulaires nuls à chier depuis le début de la série ? Non. Tenter de mettre en place des systèmes pour libérer Nikola Jokic ou créer du mouvement pour libérer des coupes vers le cercles ? Bof hein. Le coach est comme ses joueurs : pas en phase avec l’importance du rendez-vous. Et comme il est coach, il est de fait garant.
Sauf que maintenant, on ne peut plus se permettre de tester. Il faut gagner, où les conséquences seront lourdes. Mais hélas, le mal semble trop profond. Les Wolves ont certes perdu deux joueurs majeurs, mais ils ont l’ascendant, la hargne, la grinta pour aller chercher la victoire finale. Et attention au premier écart du match en faveur des Wolves, il pourrait être vite fatal.
