Ajay Mitchell, l’explosion d’un battant
Le 10 mai 2026 à 16:58 par Nicolas Vrignaud

Ajay Mitchell brille lors de cette campagne de Playoffs. Après une année rookie prometteuse mais plombée par les blessures, le Belge s’impose comme un joueur important dans la rotation du Thunder, champion en titre.
Ajay Mitchell n’est pas le joueur qui fait et chercher à faire parler de lui. Enfin, si. Mais ce qui fait que l’on parle de lui, c’est le terrain. Et c’est la meilleure chose qu’il puisse arriver à un athlète. Que son niveau soit l’unique moteur de la reconnaissance du grand public. Depuis le début des Playoffs, le Belge propose son meilleur basket, au sein d’une équipe de très haut niveau.
Ajay Mitchell est en train de réaliser une série de patron 🇧🇪💪
Le Belge termine meilleur marqueur du Game 3 et a battu de nombreux records personnels en Playoffs cette nuit :
🔹24 POINTS
🔹10 PASSES
🔹 4 REBONDS
🔹3 INTERCEPTIONS
🔹0 TURNOVER
— TrashTalk (@TrashTalk_fr) May 10, 2026
Sa deuxième saison en NBA a été une énorme réussite individuelle. Qu’il s’agisse de jouer en tant qu’arrière, aux côtés de Shai Gilgeous-Alexander, dans un rôle de 3-and-D, ou comme créateur primaire, avec la responsabilité d’initier le mouvement collectif ou simplement de se créer un tir pour lui-même, à la manière d’un joueur star. En l’absence de Jalen Williams (blessé), le joueur passé par Nanterre se fait une place de choix, qu’il sera difficile de bouger à l’avenir.
Cette nuit, dans le Game 3 du Thunder dans la série face aux Lakers, l’arrière a signé la meilleure performance de sa carrière en Playoffs. 24 points, 10 passes, 4 rebonds à 10/17 au tir, avec 0 pertes de balle. Performance qui fait suite à un match à 20 points au Game 2. Et surtout, deuxième plus gros volume de tir de l’équipe derrière Shai Gilgeous-Alexander. D’ailleurs, Mitchell nous confiait l’été dernier qu’apprendre auprès d’un joueur si fort est un trésor d’enseignement.
« Voir son attitude face au travail, son comportement au quotidien… c’st un exemple qu’il faut suivre pour arriver à leur niveau. Pour moi, côtoyer ce type de joueur dès ma première année a été incroyable, ça m’a vraiment aidé. »
Il n’y a pas d’aspect de son jeu où le Belge ne performe pas, depuis le début de saison, au plus haut niveau. Bien sûr, certains soir ont été meilleurs que d’autres au tir, mais l’ensemble est extrêmement solide, et surtout particulièrement constant. Mark Daigneault reconnaît après le Game 3 la progression de son sophomore, mais ne relâche pour autant pas la pression.
« Je pense que quand un joueur est aussi inexpérimenté que lui, pas seulement en Playoffs mais simplement en NBA, car il a manqué de grosses périodes durant ses deux premières saisons, la courbe de progression est très raide. C’est un gars qui a faim, un gars humble. Il grandit avec l’expérience. Il a été bon jusqu’ici dans ces Playoffs, mais n’a pas encore fait d’excès de zèle. Il continue d’apprendre, jouer contre des titulaires ne fait pas baisser son agressivité. »
En défense, il a imposé à la ligne arrière des Lakers un rythme infernal depuis le début de la demi-finale de Conférence. Et logiquement, son équipe reconnaît l’importance de son apport dans le jeu, comme SGA après le Game 3 cette nuit.
« Ça peut peut-être choquer du monde, mais pas nous. On a su qui était Ajay Mitchell le jour où il a mis les pieds chez nous, et il est juste en train le montrer à tout le monde. »
Justement, le Thunder n’est pas étranger, en tant qu’organisation, à la réussite du belge. D’abord, un écosystème qui place tout le monde au même niveau. Centre d’entraînement ultra-moderne mais pas ultra-cloîtré. Pas d’étage, tout le monde, du GM au two-way player, est au même niveau. Et tout le centre d’entraînement est construit autour des deux grands terrains de basket, histoire de rappeler quel est le but du travail de chacun.
Lors de notre déplacement à Oklahoma City à l’occasion de l’Opening Night de la dernière saison régulière, Ajay nous avait confié que lors de son workout pour le Thunder avant la Draft 2024, la franchise l’avait convié à un repas avec Nick Collison, monument de l’histoire de la franchise. un attention qui en dit long sur la considération accordée aux prospects.
On peut dire ce que l’on veut – à tort ou à raison – sur l’équipe et ses membres. On ne peut critiquer la franchise sur son application à mettre ses membres dans les plus optimales conditions de réussite. Et Ajay Mitchell, comme il nous l’a expliqué durant le séjour, s’est énormément nourri de ce fonctionnement.
Surtout, Ajay Mitchell est un battant. En décembre dernier, quelques jours avant Noël, il a perdu son papa, emporté soudainement à l’âge de 62 ans. Un choc énorme que le joueur a traversé en jouant au basket, comme son père l’aurait voulu
« Il aurait voulu que je continue à jouer. Chaque fois que quelque chose pouvait lui arriver, s’il était malade ou pas bien mentalement, il insistait sur le fait de ne pas s’inquiéter pour lui, de continuer à être moi et à me sentir bien, et qu’il se sentirait bien en conséquence. J’ai voulu l’honorer. Je sais qu’il m’aurait dit de jouer au basket. Je ne veux pas le décevoir. » Ajay Mitchell via The Atheltic
C’est ainsi que l’on a vu Mitchell jouer quasiment immédiatement après le décès de son papa. Une force de caractère énorme, une charge mentale qui n’a pourtant pas eu d’impact sur son jeu. Un homme capable de faire preuve d’autant d’abnégation dans un passage si difficile est probablement prêt à tout affronter. Pour se prouver à lui-même que rien ne lui résiste. Le pari est pour l’instant réussi.
