Victor Wembanyama bousculé, un rite de passage pour les jeunes stars NBA
Le 11 mai 2026 à 17:31 par Nicolas Meichel

Expulsé la nuit dernière pour un vilain coup de coude sur Naz Reid, Victor Wembanyama a répondu de façon maladroite à l’énorme défi physique imposé par les Wolves. Comme d’autres phénomènes du basket passés avant lui, Wemby a une cible sur le dos, et va devoir prouver qu’il peut se surpasser quand la concurrence décide de lui rentrer dedans.
C’est un passage obligatoire quand un jeune joueur atteint rapidement un niveau exceptionnel et essaye d’atteindre les sommets de la NBA.
Sur la scène des Playoffs, où les arbitres laissent plus de place aux contacts physiques et où l’intensité monte de plusieurs niveaux par rapport à la saison régulière, les phénomènes du basket ont droit à un traitement très spécial, qui dépasse parfois les limites du basket éthique : contacts hyper rugueux, multiples fautes, coups bas et trashtalking de la part des adversaires. C’est l’occasion pour certains de se faire un nom et une réputation, en tentant de malmener la poule aux œufs d’or pour finalement la faire tomber.
Victor Wembanyama ne fait pas exception à la règle. Bien au contraire.
Quand vous êtes un Alien de 2m24, considéré comme le futur visage de la NBA, doté d’un talent comme le sien et destiné à marcher sur la Ligue en dominant les deux côtés du terrain, vous pouvez compter sur les adversaires pour ne faire absolument aucun cadeau. C’était prévisible, et ça se confirme sur ce second tour face aux Wolves.
À 22 ans, Victor découvre aujourd’hui les Playoffs et l’adversité qui va avec : physiquement, mentalement, émotionnellement.
LeBron, Blake Griffin, Jordan… et Wemby
D’autres sont passés par là avant Wembanyama, et ont dû prouver qu’ils savaient tenir face à la pression. C’est un rite de passage.
Quand LeBron James a découvert les Playoffs NBA en 2006, il a vite compris que les adversaires allaient lui rentrer dedans. Les Washingon Wizards de Gilbert Arenas ont été les premiers à se confronter au jeune King et ce dernier a dû encaisser des sales coups. De DeShawn Stevenson à Brendan Haywood, James s’est rapidement fait des ennemis.
Quand Blake Griffin, jeune sensation de la NBA et véritable phénomène athlétique, a disputé sa première série de Playoffs en 2012 contre les Grizzlies version Grit & Grind, vous imaginez bien que ce n’était pas un parcours de santé pour lui. Zach Randolph, Tony Allen et Cie ont rapidement fait comprendre à la star des Clippers qu’elle risquait de gros bobos si elle s’aventurait un peu trop dans les airs.
La vidéo ci-dessous montre ce que certains adversaires (Jason Smith des Hornets ici) pouvaient infliger à Griffin pour éviter de se faire dunker dessus.
Autre exemple récent : Giannis Antetokounmpo. Le Greek Freak a disputé ses premiers Playoffs en 2015 et même s’il n’était pas encore considéré comme une superstar à l’époque, il devait déjà faire face au défi physique des adversaires.
On se souvient tout particulièrement d’une séquence face à Mike Dunleavy des Bulls : ce dernier l’a envoyé au sol en lui mettant un coup au visage. Aucune faute sifflée par les arbitres, alors Giannis a décidé de se faire justice lui-même, un peu comme Victor la nuit dernière face à Naz Reid. Gros coup d’épaule façon Foot US sur la possession suivante, expulsion directe :
L’image ultime de la superstar exceptionnelle qui est maltraitée par l’adversaire, c’est évidemment Michael Jordan face aux Bad Boys de Detroit à la fin des années 1980 / début 1990.
Dans sa quête du titre NBA, Jordan est plusieurs fois tombé face aux méchants Pistons, qui ont utilisé absolument tous les moyens pour tenter de l’arrêter, notamment les plus violents. Cela avait même un nom : les Jordan Rules. De Bill Laimbeer à Rick Mahorn en passant par Dennis Rodman et John Salley, les sales coups ont fusé sur « Son Altesse ».
Cela a poussé Jordan à s’endurcir pour répondre au défi physique de Detroit, avant de les battre sèchement pour ensuite régner sur la NBA.
Victor Wembanyama pas assez protégé ?
Les nombreuses cicatrices qu’on retrouve sur la peau de Victor Wembanyama sont symboliques de la dureté physique que lui imposent les Wolves dans cette série de Playoffs. Mais dans le même temps, elle pose aussi la question de la responsabilité des arbitres.
Voici ce que le coach des Spurs Mitch Johnson a déclaré après l’expulsion de Wemby hier :
« Je suis content que Victor ait pris les choses en main. Pas dans le sens où je voulais qu’il mette un coup de coude à Naz Reid, je tiens à être clair là-dessus, je suis rassuré que Naz Reid aille bien. Mais il va devoir se protéger lui-même si les arbitres ne le font pas. À chaque action, partout sur le terrain, les adversaires essaient de lui imposer leur force physique. Je comprends, cela fait partie du jeu, mais à un moment donné…
L’impact physique que les adversaires essaient de lui imposer depuis ses débuts dans la Ligue, combiné au manque de protection de la part des arbitres, c’est vraiment décevant. Et au bout d’un moment, ça commence même à devenir franchement écœurant. »
Victor Wembanyama has been EJECTED from Game 3 after a Flagrant Foul Penalty 2 for elbowing Naz Reid. 😱👀 pic.twitter.com/mKZW3S2p3r
— SpursRΞPORTΞR (@SpursReporter) May 11, 2026
Ce vilain coup de coude sur Naz Reid, c’est un geste qui est – en soi – inacceptable et qui a sans doute coûté le match aux Spurs, mais qui peut s’expliquer par la frustration accumulée chez Wemby au fur et à mesure des coups encaissés. Une façon de se défendre. Une manière pour l’Alien de montrer qu’il ne va pas se laisser chahuter.
Sur l’action en elle-même, on le voit être pris en tenaille par Reid et Jaden McDaniels. Quand vous avez deux Loups qui vous encerclent constamment et qui n’hésitent pas à sortir les crocs, c’est tout naturellement qu’un mécanisme de défense s’active. Cela n’excuse pas Wemby, mais ça se comprend.
Le prochain challenge pour Victor Wembanyama, ce sera de prouver qu’il a les épaules pour encaisser tout ça sur la durée afin d’emmener les Spurs là où ils veulent aller. Et il sera intéressant de voir comment il abordera les prochaines rencontres en matière d’agressivité et d’impact physique. Connaissant un peu le bonhomme, ce genre d’épisode ne peut que le motiver à aller encore plus au charbon et détruire la concurrence.
😳🩸👽 sans chercher à excuser son coup de coude à Victor Wembanyama, suffit de regarder les cicatrices sur ses bras pour capter le pourquoi du pétage de plomb de Wemby sur Naz Reid contre les Timberwolves…
Il se fait arracher et frapper en permanence aussi !#NBAextra #Spurs https://t.co/QZ01wBzAUv pic.twitter.com/psRtr9HcyC
— Rémy JAC (@Remy_Jac) May 11, 2026
La route vers les sommets est semée d’embûches. Victor Wembanyama fait partie de ces phénomènes du basket destinés à tout gagner, mais dont le niveau de domination est tel qu’il doit faire face à un niveau d’hostilité physique réservé aux plus grands.
Cette expulsion face aux Wolves – sa toute première en carrière – fait partie de l’apprentissage pour Victor. À lui de montrer qu’il peut ressortir grandi de cette expérience, même en faisant déjà 2m24.
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