Édito : Victor Wembanyama n’est pas le MVP, mais il est le meilleur joueur du monde
Le 19 mai 2026 à 13:40 par Nicolas Meichel

Dans une soirée où Shai Gilgeous-Alexander a reçu son deuxième trophée de MVP de la NBA, Victor Wembanyama a réalisé son plus grand match en carrière (41 points, 24 rebonds) et l’une des plus grandes performances de l’histoire. Le meilleur joueur du monde, c’est lui et personne d’autre.
« Best player in the f*cking world ! »
Après le buzzer final, Stephon Castle n’a pas hésité à dire tout haut ce que la planète basket se doit de réaliser aujourd’hui : il n’y a plus personne au-dessus de l’Alien dans la hiérarchie des meilleurs joueurs du monde.
Ce statut, il appartenait pour beaucoup à Nikola Jokic, machine à triple-doubles et peut-être le meilleur joueur offensif de l’histoire, champion NBA en 2023 et trois fois MVP dans sa carrière. Pour d’autres, c’est Shai Gilgeous-Alexander – champion NBA en titre avec le Thunder et double MVP en 2025 et 2026 – qui avait la couronne. Ces deux-là ont d’ailleurs terminé devant Wembanyama au classement du « Michael Jordan Trophy » (MVP) cette saison.
Mais en ce 19 mai 2026, on vient officiellement d’entrer dans une nouvelle ère.
Wemby représente un changement d’ère. Un gap technologique est franchi comme la 3D dans les jeux vidéo ou l’Internet à haut-débit. Ou pire comme si on était passé de la PS1 à la PS5 direct. Bienvenue dans le futur, accrochez-vous. Tout le monde ne pourra pas suivre
— Simon Capelli-Welter (@levraiscw) May 19, 2026
Certains diront sans doute qu’un tel statut ne peut que se valider lorsqu’un joueur – aussi fort soit-il – finit par remporter le titre NBA. Peut-être. Mais dans le cas (unique) de Victor Wembanyama, il suffit de se poser devant les 48 minutes d’un match (ou 58 comme hier à Oklahoma City) pour comprendre qu’il n’y a pas d’arme plus destructrice sur la planète basket.
Ce qu’on a vu la nuit dernière sur le parquet du Thunder, c’est un niveau de domination des deux côtés du terrain rarement atteint dans l’histoire. Un tel niveau de domination que le premier sentiment qui nous vient, ce n’est pas tant de l’admiration pure, mais plutôt de la peur pour tous les mecs qui se retrouvent sur le chemin de ce géant de 2m24. Effrayant, flippant, terrifiant… utilisez l’adjectif que vous voulez, ils sont tous parfaitement adaptés.
« On ne sait pas quoi faire face à lui. En attaque. En défense. Partout. » – Un dirigeant NBA anonyme (via The Athletic)
Planter 41 points avec 24 rebonds et 3 contres en 49 minutes (du jamais vu pour un joueur aussi jeune), avec en prime un shoot immense pour arracher la prolongation puis la victoire, ce n’est pas juste une performance d’extra-terrestre. C’est un véritable statement. Surtout quand on le fait sur les terres du MVP Shai Gilgeous-Alexander, célébré devant un public entièrement acquis à sa cause. Surtout face à l’équipe championne en titre, réputée pour sa dureté physique et sa défense qui est l’une des meilleures all-time.
« C’est un compétiteur. Voir un autre concurrent remporter le trophée qu’il mérite, être désigné vainqueur… c’est une source de motivation. » – Mitch Johnson sur Wembanyama
Dans l’histoire de la NBA, il y a des moments symboliques où le passage de relais se fait plus ou moins naturellement au sommet de la hiérarchie. Michael Jordan qui bat Magic Johnson lors des Finales 1991, pour n’en citer qu’un. Ce qu’on vient de voir la nuit dernière en fait partie.
Dans quelques années, on se souviendra de ce match, de cette performance, de ce moment comme celui où Victor Wembanyama a officiellement pris le pouvoir.
Victor Wembanyama qui voit SGA recevoir son trophée de MVP.
Le moment précis où le monstre s’est réveillé.pic.twitter.com/XAhSiDaykB
— TrashTalk (@TrashTalk_fr) May 19, 2026
De « plus grand prospect de l’histoire du basket » à son arrivée en NBA, Wemby est passé à « meilleur joueur du monde » en seulement trois ans. On n’a plus besoin d’imaginer ce que peut représenter Victor quand il arrivera de plus en plus à maturité, on est en train de le vivre en direct.
En moins d’un mois, Victor Wembanyama a dominé l’équipe qui avait pourri la vie de Nikola Jokic (les Wolves) au tour précédent, il a fait sa loi sur le terrain de Shai – en galère hier – et du champion en titre, et a inscrit son nom aux côtés des plus grandes légendes NBA (Wilt Chamberlain, Kareem Abdul-Jabbar, Shaquille O’Neal…). Le tout à seulement 22 piges. Pour sa toute première campagne de Playoffs.
L’Histoire avec un grand H est en train de s’écrire sous nos yeux et nous en sommes tous témoins. Témoins d’un Alien qui représente l’évolution ultime du basketteur, la version la plus avancée, le joueur cheaté que vous créez sur NBA 2K pour détruire la concurrence sans la moindre pitié.
« Si vous pensez que ce gars-là ne peut pas devenir le GOAT du basket, vous n’y comprenez rien » – Lonzo Ball
L’avenir nous dira si Victor arrive à emmener ses Spurs (36 victoires sur les 39 derniers matchs quand Vic joue au moins 15 minutes…) jusqu’au sommet de la NBA dès cette saison. L’avenir nous dira aussi si Wemby peut rester dans une telle forme physique et pour combien d’années.
Mais peu importe ce que le futur nous réserve, on peut dire une chose aujourd’hui : un joueur né au Chesnay et formé à Nanterre est le basketteur le plus dominant de la planète. Tout simplement.
C’est la France frère.
Après ce match, peut-on dire que Victor Wembanyama est le meilleur joueur de basket du monde ?
Wemby : « Il y a 8 milliards de personnes dans le monde. Donc il y a 8 milliards d’opinions. »pic.twitter.com/7RJcIbKOwO
— TrashTalk (@TrashTalk_fr) May 19, 2026
À lire également :
