La NCAA réfléchit à empêcher l’accueil de joueurs déjà professionnels

Le 27 mai 2026 à 16:04 par Nicolas Vrignaud

Roman Domon
Source image: YouTube

Après déjà deux saisons durant lesquelles les prospects internationaux déjà initiés au monde professionnel ont déferlé en NCAA, recrutées par des universités américaines désireuses de renforcer leurs projets sportifs, la grande organisation cherche désormais à endiguer le phénomène. Pour protéger son identité ?

La NCAA envisage durcir les règles d’éligibilité pour les prospects internationaux : « L’association (veut) moderniser les règles pour s’assurer que les sports universitaires soient pratiqués par des athlètes universitaires, et pas par des professionnels à la recherche d’un point de chute ». L’info est sortie dans un dossier de Sports Illustrated, qui a pu consulter une note de recommandations du mastodonte des sports universitaires US.

La NCAA n’a pu que constater qu’avec l’ouverture de la NIL aux athlètes internationaux, ces derniers sont devenus des proies de choix pour les grandes universités. Un gros paiement, une année en immersion aux États-Unis, des salles pleines et une ambiance unique : le rêve pour un jeune joueur de basket… et surtout, une concurrence terrible pour le système de formation européen.

On en a notamment parlé ici avec Laurent Humeau (Directeur du centre de formation de Cholet Basket) qui ne pouvait que partager le constat. D’autant plus qu’aucune compensation financière n’est accordée aux clubs formateurs qui perdent un jeune potentiel.

« On va former, ils vont partir de plus en plus tôt, comment lutter ? Mais il faut aussi se mettre à la place de ces jeunes, je serai parti aussi. Il y a un constat qui est facile à faire : J’ai 20 ans, on me propose une somme folle, dans un pays qui fait encore rêver. Il faut comprendre qu’à cet âge-là, on soit attirés. N’importe qui aurait raisonné comme ça… »

Mais maintenant, la NCAA envisage de mettre un gros coup de frein à cette pratique. Dans sa note de recommandations, le championnat universitaire est incité à cibler les internationaux en mettant en place une règle simple mais très efficace : Tout athlète ayant déjà perçu un salaire de la part d’une équipe professionnelle, salaire dépassant les dépenses en « besoins essentiels » de la vie courante serait inéligible pour les compétitions encadrées par la NCAA.

Une notion de « besoins essentiels » assez floue, mais qui exclut immédiatement toutes les ligues majeures des États-Unis. Ligues qui sont d’ailleurs mentionnées directement dans la note. Comprenez ainsi avec un exemple : si la NCAA estimait qu’en France, un salaire mensuel de 1600€ permet de couvrir toutes les dépenses essentielles de la vie (bouffe, logement, transports, très probablement), alors tout sportif ayant déjà touché un salaire supérieur sera inéligible pour jouer en NCAA.

Pour rappel, le retour à l’échelon universitaire de James Nnaji (FC Barcelone Basquet, drafté par les Pistons avec le 31e choix en 2023 sans jouer) à Baylor a fait grosse polémique outre-Atlantique cet hiver pour des raisons d’équité. Le joueur a été largement hué dans les salles où il a joué.

SI précise également que l’EuroLeague, qui impose via sa convention collective un salaire minimum annuel de 50 000€ pour les joueurs qui disputent leur première année dans la compétition, devrait probablement tomber sous le coup de cette nouvelle règle. Les autres gros championnats internationaux ne sont pas expressément cités, mais l’Élite ou la Liga Endensa pourraient aussi être visées.

Si les conséquences ne seront pas immédiates chez nous puisque plusieurs gros talents tricolores sont déjà très courtisés par les facs US (Nathan De Sousa, sélectionné en Équipe de France, notamment), elles l’ont été pour le basketball US. Chute des inscriptions à la Draft NBA, prospects américains face à la concurrence de profils déjà habitués aux requis du basketball de haut niveau, particulièrement dans la maturité de jeu.

Si la NCAA s’adapte, alors l’arrivée d’internationaux ne pourrait se faire d’ici peu qu’au compte-goutte, après l’examen d’un dossier. Cela n’empêchera pas en revanche les jeunes sportifs tricolores de partir avant de devenir professionnels, mais c’était déjà le cas avant… et avec l’explosion des talents français en NBA, c’est peut-être de ce côté que la FFBB devrait se focaliser, pour créer un système d’indemnisation des clubs ayant perdu des profils à haut potentiel.


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