Finales NBA 2026, Spurs – Knicks : quelles clés tactiques pour la série ?

Le 01 juin 2026 à 20:26 par Nicolas Vrignaud

Karl Anthony Towns
Source image: YouTube

C’est l’heure de sortir un peu la plaquette ! En complément de la grosse preview des Finales NBA entre Knicks et Spurs, voici quelques grands axes tactiques qui seront déterminants pour les deux équipes si elles veulent ramener le trophée à la maison. C’est parti !

Pour commencer, le rapide résumé de la saison entre nos deux équipes.

    • Finale de la NBA Cup : Knicks – Spurs (124-113)
    • 31 décembre 2025 : Spurs – Knicks (134-132)
    • 1er mars 2026 : Knicks – Spurs (114-89)

Tiens, ça a donné quoi Spurs – Knicks cette saison ?

🔸 124-113 pour les Knicks en Finale de NBA Cup

🔸 134-132 pour les Spurs le 31 décembre (31-13 pour Wemby, puis bobo au genou)

🔸 114-89 pour les Knicks le 1er mars (fin d’une série de 11 victoires pour les Spurs) pic.twitter.com/aIfzrrMu6p

— TrashTalk (@TrashTalk_fr) June 1, 2026

Les Knicks, une menace offensive (très) collective

Les Knicks ont une force terriblement efficace : leur attaque. New York est de très loin la meilleure attaque des Playoffs. Certes, ils n’ont pas encore rencontré de puissance défensive majeure comme les Spurs, mais le constat est là : avec 119,9 points de moyenne par match, ils sont très largement en tête des équipes ayant obtenu leur ticket pour la postseason.

La raison : des profils multiples qui peuvent sanctionner de partout sur le terrain. Jalen Brunson, Karl-Anthony Towns (nous reviendrons sur son rôle en particulier juste en dessous), Mikal Bridges, OG Anunoby, Josh Hart, Miles McBride, Landry Shamet, Jordan Clarkson… autant de joueurs qui, même si certains ont des minutes parfois limitées, peuvent prendre feu en un clin d’oeil à la faveur d’un bon décalage. 40% à 3-points durant ces Playoffs, c’est fort. Très fort.

Les Bockers sont aussi les premiers dans le nombre de passes décisives sur la campagne (26,7 par match, près de deux de plus que les Spurs). L’usage rate est néanmoins un peu moins bien balancé que chez les Spurs, ce qui devrait logiquement donner des indications à l’adversaire dans sa préparation. Cette statistique à toutefois des limites, car un joueur ne peut toucher que deux fois la balle offensivement dans la finition et planter à chaque fois.

Il faudra absolument que les Knicks trouvent le moyen de faire vivre leur attaque pour forcer les Spurs à faire des choix désavantageux en défense. San Antonio est doté de suffisamment de gros profils défensifs pour que l’impact des Knicks en tant que groupe puisse être limité dans les duels, mais il en faudra bien plus pour enrayer durablement la machine : une vraie stratégie collective qui doit faire basculer les Knicks dans ces duels directs.

Karl-Anthony Towns, la clé de la série ?

Souvent utilisé en tant que point d’ancrage au poste haut, là où son influence sur le jeu a été jusqu’ici la plus forte (en lui offrant la passe ou le duel), KAT est sans doute le joueur qui va permettre aux Knicks de faire la différence. Les Spurs ont déjà montré certaines difficultés dans la gestion sur les écrans d’Isaiah Hartenstein, qui s’est illustré pour permettre à Shai Gilgeous-Alexander (notamment) de jouir de duels avantageux en termes d’espace disponible en sortie de pick and roll.

La difficulté augmente de plusieurs crans avec Karl-Anthony Towns. Là où Hartenstein n’avait que peu d’utilité une fois l’écran posé, hormis dans quelques situations isolées de roll lorsque Victor Wembanyama choisissait d’aller aider sur le bénéficiaire de l’écran, Towns est lui bien plus problématique.

Bien sûr, KAT peut plonger vers le cercle s’il est laissé libre ou défendu par un plus petit. Mais le gros souci qu’il va poser au Spurs, c’est qu’il peut aussi jouer en « pop », c’est à dire se décaler vers l’extérieur pour bénéficier d’un shoot ouvert. Et là, si Victor Wembanyama est en charge de défendre sur lui, il ne pourra plus se permettre d’aider sur le preneur d’écran car Towns est un redoutable sniper (48,9% à 3-points depuis le début des Playoffs…) et que le laisser ouvert serait bien trop dangereux. Il y a fort à parier que les Knicks aient une majorité de possessions exécutées avec un écran de Towns pour Bridges, Brunson, Anunoby.

Au-delà de l’écran, Towns est aussi le joueur qui, après Jalen Brunson (qui est le premier créateur de l’équipe) distribue le plus de passes décisives. 5,6 par match, la signature d’un pivot qui, s’il peut prendre sa position au poste haut, sera un vrai danger. Pour l’empêcher de se mettre en place, les Spurs ont évidemment Wemby, mais encore une fois, pas trop possible de jouer en flottement pour plonger dans l’aide sur le duel d’un copain.

Et on l’a vu sur les séquences où KAT a joué ses duels directs : ne pas lui fournir une opposition à la hauteur du danger qu’il représente est une stratégie qui sera probablement difficile à tenir. D’autant plus qu’avec le danger que représente l’Alien des deux côtés du terrain, KAT aura probablement carte blanche (notamment en entame de match de début de série) pour jouer ses quelques duels directs avec Wemby en espérant lui coller des fautes rapidement.

Le rôle de Luke Kornet risque aussi d’être déterminant sur les temps de pause de Wemby, et il faut (pourquoi pas ?) peut-être même imaginer des séquences où Wembanyama et sa doublure sont sur le terrain en même temps si jamais la situation devient trop compliquée à gérer.

Quelles options défensives pour les Spurs ?

Les Knicks, comme nous l’avons évoqué juste avant, ont pléiades d’options offensives dans de multiples registres différents. Les Spurs auront donc des choix forts à faire et ont sans doute déjà bûché sur de nombreux scénarios différents en fonction des joueurs adverses en forme. Pour autant, la question de la stratégie défensive s’évoque pleinement, puisque l’utilisation de Victor Wembanyama, qui face au Thunder n’avait eu à se soucier ni d’Hartenstein (peu utilisé dans la finition) ni d’Holmgren (nul à chier), sera déterminante ici.

Karl-Anthony Towns est notamment la menace principale. Soit Victor est envoyé au mastic sur Josh Hart, un shooter « moins » dangereux à 3-points que ses compères, et aura un rôle de « roamer », c’est à dire celui d’une sorte d’électron libre capable d’aller aider sur les drives, soit il sera envoyé en duel sur KAT si ce dernier a trop d’impact dans la distribution du jeu.

Quoi qu’il en soit, il faut s’attendre à ce que les Knicks cherchent à éloigner Wemby le plus loin du cercle, pour limiter sa marge d’action sur un drive. Pas impossible non plus d’imaginer des écrans pour permettre à Brunson d’avoir du jeu direct sur un De’Aaron Fox, qui est toujours pénalisé par sa cheville. La série risque d’être très physique, puisque les Knicks sont maîtres dans le jeu des coupes pour trouver du catch and shoot, notamment à mi-distance. Bump obligatoire sur chaque déplacement.

Pour défendre sur Jalen Brunson, plusieurs options : Stephon Castle, Devin Vassell… mais probablement pas de Carter Bryant, plus tanké, qui sera sollicité pour s’occuper de Mikal Bridges ou OG Anunoby sur ses minutes de jeu. Quelle solution donc ? Peut-être tolérer 30 points de Brunson pour permettre aux autres de gérer leurs duels avec toute la concentration requise. Mais ce serait lui donner l’opportunité de le laisser s’échauffer sans doute beaucoup trop. Ou forcer des décisions dans les mains d’autres joueurs en mettant une pression forte au leader des Knicks.

Punir les mauvais défenseurs et le repli trop lent des Knicks

Si les Knicks ont mille et une façons de punir les Spurs en attaque, ils ont (presque) autant de façon de se faire sanctionner par San Antonio en défense. Karl-Anthony Towns n’est pas un monstre de défense sur l’homme, Mitchell Robinson a une main dans la glace. Jalen Brunson n’est pas un mur sur la ligne extérieure. Mikal Bridges et OG Anunoby peuvent assurer et sont des références dans le domaine, mais ils devront être épaulés pour ne pas défendre dans le vide.

Là où CJ McCollum s’est fait plaisir au premier tour entre Knicks et Hawks en attaquant sur Brunson dès qu’il a pu, pour le punir, les Spurs doivent également chercher des duels directs pour sanctionner les joueurs adverses avec des fautes. San Antonio possède la force de percussion pour forcer les rotations du côté de Mike Brown. Avec les fautes, mais aussi en poussant le ballon très vite vers l’avant pour exploiter le surnombre, car sur les trois confrontations entre les deux équipes cette année, New York s’est parfois fait punir par les baîllements de certains dans le repli.

Le jeu sur écran avec Victor Wembanyama doit quoi qu’il en soit être l’action « go to » des Spurs sur demi-terrain. Pour forcer un duel Wemby sur Towns, sur Robinson, ou avoir le changement pour que Castle, Harper, Fox, Vassell aient l’opportunité d’avoir du duel direct sur un gros vers le cercle. Même Luke Kornet peut être utilisé dans ce rôle, mais un Wemby en sortie d’écran est bien sûr infiniment plus dangereux.

Les Knicks seront probablement à deux doigts de s’arracher les cheveux s’ils n’arrivent pas à planquer ni Karl-Anthony Towns (ce sera difficile) ni Jalen Brunson en défense. Ce qui limitera sans doute l’utilisation conjointe pour ne pas créer trop de brèches. Et ça s’est vu sur la (seule) victoire des Spurs face à New York cette saison, où Brunson n’a notamment pas pu être masqué défensivement et s’est fait cibler avec grande efficacité.


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