Tom Dundon : le propriétaire des Blazers qui enchaîne les décisions « radines »

Le 16 juin 2026 à 18:55 par Robin Wolff

Tom Dundon 16 juin 2026
Source image : YouTube

Depuis son arrivée à la tête des Portland Trail Blazers en août 2025, Tom Dundon s’est illustré par plusieurs décisions dont l’objectif était d’économiser de l’argent. Hier, ces choix ont eu un impact sportif avec la décision de Tiago Splitter de rejoindre les Chicago Bulls. Retour sur une année mouvementée dans les bureaux de l’Oregon.

Pour replacer un peu le personnage de Thomas Dundon (dit Tom), c’est un businessman américain dont la fortune est estimée à 2,3 milliards de dollars. Il est également propriétaire des Carolina Hurricanes en NHL et a investi massivement dans le pickleball. Ce sport de raquettes joué essentiellement aux États-Unis et dont le bruit des balles peut vous donner envie d’acheter un pack de Boules Quies.

En août dernier, il a choisi de racheter les Portland Trail Blazers et beaucoup de rumeurs annonçaient qu’il souhaitait délocaliser la franchise. Rapidement, le nouveau propriétaire a rassuré les fans en disant que ce n’était pas son intention, mais le reste de ses décisions au cours de l’année ont beaucoup moins fait l’unanimité.

Une gestion des Playoffs… spéciale

Le premier choix de Tom Dundon ayant fait beaucoup réagir les fans est celui de ne pas faire venir les two-way players à San Antonio pour les premiers matchs de Playoffs. Caleb Love, notamment, a réalisé une magnifique saison, mais n’a pas pu soutenir l’équipe au Texas. Véritable tollé médiatique provoqué et réaction du propriétaire qui, dans une interview pour le podcast « Game Over », a fait (plus ou moins) son mea-culpa :

« En ce qui concerne le voyage des joueurs, j’ai commis une erreur. Je ne comprends tout simplement pas le fonctionnement de cette ligue. Au hockey, on n’emmène pas de monde en plus, parce qu’on n’est pas en vacances. On est là pour gagner, donc on ne veut pas de distractions. La NBA semble s’accommoder de ces distractions. Ce n’est pas ma façon de voir les choses. Il faut donc en quelque sorte apprendre à distinguer les différences entre les deux ligues »

The Trail Blazers are the only playoff team that didn’t bring their two-way players on the road due to cost-cutting measures by new team owner Tom Dundon, per @highkin. pic.twitter.com/m4Ef9AYfiQ

— Yahoo Sports (@YahooSports) April 20, 2026

En somme, il ne le fera plus, d’ailleurs Caleb Love et les autres ont pu se rendre au Game 5. Mais ils seront sans doute ravis d’être appelés des « distractions » et les fans rassurés par un gérant avouant ne pas comprendre la NBA.

Dans ce même premier tour de post season, les Blazers ont choisi de ne pas offrir de t-shirs aux fans comme c’est la tradition. Cette initiative qui permet d’avoir ces ambiances où tous les supporters sont habillés pareil. Encore une fois, les réseaux sociaux se sont enflammés, et Tom Dundon a réagi en offrant finalement des serviettes.

I am a neutral on the whole towels vs. t shirts thing but these could create a cool effect tonight pic.twitter.com/uv6jmScXcg

— Conor Bergin (@ConorBergin8) April 25, 2026

Et quelques jours avant cette joute de Playoffs, une autre décision de Tom Dundon plutôt étonnante était passée davantage sous les radars. Le matin du match de Play-In face aux Phoenix Suns, plusieurs sources dont Chris Mannix ont affirmé que les joueurs et membres du staff avaient du sortir de leurs chambres à midi et attendre plusieurs heures leur bus dans le hall de l’hôtel car le propriétaire ne voulait pas payer la formule « late check-out ».

Dans la même interview pour le podcast « Game Over », l’homme d’affaires a donné sa version des faits. Il a affirmé avoir payé une nuit supplémentaire pour que ses joueurs puissent rester jusqu’à 13h avec un repas prévu à 13h45. Que dans le hall, tout le monde, dont lui parlait et travaillait. Il a rajouté qu’il reprendrait la même décision et que si attendre 45 minutes était trop compliqué pour des gens, ils ne sont pas dans la bonne organisation et ne font pas partie de la culture qu’il souhaite installer. Heureusement, les Blazers ont gagné ce match.

Des licenciements massifs et une déclaration… discutable

Portland a depuis des années l’image d’une franchise familiale avec un staff présent depuis longtemps qui préserve la culture de l’équipe. Sauf qu’en mai, Tom Dundon a pris la décision de licencier 70 employés. Selon The Blazers’s Edge, il n’y en avait avant cela « que » 390. Là où, selon Revelio Labs il y en aurait environ 900 chez les Suns, l’adversaire du Play-In, 800 dans une franchise mythique comme les Bulls et 650 dans un petit marché comme le Jazz.

Pourtant, le propriétaire estimait que le nombre de personnes dans l’organisation était bien trop important et a sortie une déclaration très polémique pour The Oregonian :

« Ils (Portland) ont deux fois plus d’employés que nous aux Carolina Hurricanes, et d’après mon expérience, moins il y a de niveaux hiérarchiques, plus les gens se sentent responsabilisés et font un meilleur travail. On sait alors que le travail est bien fait et on évite de se retrouver dans la situation où se retrouvent de nombreuses entreprises, où tout le monde cherche quelqu’un d’autre pour s’en charger, en se plaignant de ce qui est juste ou non.

Les gens sont plus heureux quand ils sont occupés et productifs. C’est ainsi que je pense que les choses devraient être faites. Et plus il y a de monde, plus il y a de problèmes, en général. Je pense que Portland avait tout simplement trop de monde. »

Trail Blazers owner Tom Dundon on laying off 70 employees:

“People are happier when they’re busy and productive. That is the way I think things should be done. And more people just creates more problems, usually. I think Portland just had too many people. … This was mostly on… https://t.co/lfVbaDnIup

— ClutchPoints (@ClutchPoints) May 26, 2026

Tom Dundon utilise « ils » pour les Blazers et « nous » pour les Hurricanes, ce qui a rendu beaucoup de fans curieux. Ensuite chacun pensera ce qu’il veut de sa vision du travail, mais ce qui est certain c’est qu’aucune revalorisation salariale pour les employés récents n’a fuité dans la presse. Une belle économie pour les Blazers…

Un impact sur le sportif

Hier, Tiago Splitter s’est engagé avec les Chicago Bulls après avoir réalisé un intérim très réussi avec les Portland Trail Blazers. 41 victoires pour 38 défaites en régulière, une Top 10 défense sur les 50 derniers matchs, des jeunes qui se développent et même un premier tour de Playoffs intéressant face aux Spurs.

Selon Jake Fischer, le Brésilien souhaitait rester dans l’Oregon, mais Tom Dundon ne voulait pas le payer plus de 1,5 million de dollars par an. En comparaison, la plupart des coachs NBA dont le salaire est connu gagnent plus de 8 millions. Taylor Jenkins, dernier coach signé en date se serait engagé aux Bucks pour « bien plus de 10 millions par an » selon Sam Amick. Et voilà comment un jeune coach talentueux a décidé de s’en aller. Cette gestion a, selon des sources dans la Ligue, été détestée par les autres entraîneurs.

Tiago Splitter’s speech to the Portland Trail Blazers after their season ended.

(H/T @ZarkTweets) pic.twitter.com/MFsCMNp3Rr

— BullsMuse (@BullsMuse_) June 16, 2026

Pour le remplacer, les Blazers seraient intéressés, selon ESPN, par Micah Nori, assistant aux Minnesota Timberwolves et Tyler Lashbrook des Boston Celtics. Des hommes dont on ne connaît pas encore le niveau en tant que numéro 1.

Une étiquette de radin qui ne semble pas le déranger

Avec toutes ces décisions, Tom Dundon s’est collé une étiquette de radin. Mais le plus inquiétant est peut-être ce qui a été révélé par The Athletic et un membre anonyme du staff :

« La première consigne était : ‘Pourquoi gaspillons-nous de l’argent ? Réfléchissons-y avec prudence’. Je crois qu’il pense que ce n’est que le début. Je crois qu’il pense que c’est ça, reprendre une franchise : il faut changer les choses. Il a dit avoir traversé des moments très difficiles en Caroline… mais au final, tout ce qui compte pour les gens aujourd’hui, c’est de gagner. Ce qui me semble juste, c’est qu’il se montre radin sur tout ce qui, selon lui, n’a pas d’incidence sur les performances des joueurs. »

Plus tard dans l’article, d’autres sources affirment que le propriétaire « se moque complètement » d’être décrit comme radin.

From @TheAthletic: The Blazers’ new owner, Tom Dundon, doesn’t care whether others think he’s cheap, a league source said. Dundon, a billionaire who made his money in the subprime auto loan business, has been cutting costs outside the locker room. https://t.co/DtA6L1gjUA

— The New York Times (@nytimes) April 21, 2026

Il s’en est quand même défendu pour le podcast « Game Over » :

« Joe [Cronin] m’a appelé — et je ne sais même pas si c’était autorisé — il m’a appelé à la Trade Deadline. Techniquement, nous n’étions pas encore propriétaires de l’équipe, et il avait un accord — en fait deux accords différents — mais un en particulier qui nous aurait fait passer au-dessus la Luxury Tax. Et ça aurait représenté, je ne sais pas, 20 millions de dollars. Ça ne me dérangeait pas. Je veux gérer l’entreprise correctement. Mais je veux gagner plus que je ne veux gagner de l’argent.

Mon équipe de hockey a dépassé le plafond salarial à plusieurs reprises. Elle était la plus mal classée de la ligue, au plus bas, quand je l’ai rachetée. Au hockey, on peut dépasser le plafond salarial. Si un joueur est blessé, on peut le remplacer. J’ai donc dépassé le plafond salarial à plusieurs reprises, car il existait une règle qui le permettait. Et dans le même temps, quand je sors d’une pièce, j’éteins la lumière. Du coup, mes amis se moquent tout le temps de moi. Ils me disent que je suis nul pour être riche.

Je ne veux tout simplement pas gaspiller d’argent. Je veux l’investir. J’aurai autant de masseuses (il a utilisé le féminin) que nécessaire. Je vais fournir la meilleure nourriture. On va prendre soin des joueurs parce que ça aide à gagner. Ça fait partie du deal. Pour ce qui est de la façon dont on va gérer l’entreprise — Portland dépense 100 millions de dollars de plus par an que les Hurricanes, sans compter les joueurs.

Or, depuis que j’ai racheté l’équipe, les Hurricanes ont le premier ou le deuxième meilleur bilan de la ligue. Je ne vais donc pas gaspiller 100 millions de dollars simplement parce que quelqu’un veut écrire un article pour me traiter de radin. Je ne le ferai tout simplement pas. C’est difficile, car je ne pense pas en termes de budget quand il s’agit de l’équipe et de la manière de nous assurer de gagner. Certaines des décisions que certains ont lié à l’argent ne sont en réalité pas tout à fait vraies. »

Ce qui est certain, c’est que le début de sa présidence a énormément fait parler et que le départ de Tiago Splitter a remis une pièce dans la machine. Les fans des Blazers ne semblent, en général, pas très optimistes depuis quelques mois et seuls les résultats pourront faire changer les avis. Mais à l’instant T ils semblent vraiment être les Dundon de la farce.


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